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Romans "noirs"

Mercredi 1 février 2012 3 01 /02 /Fév /2012 14:55

Publié dans : Romans "noirs"

 

Un «styliste impeccable» 
échos d'une pérégrination à travers le roman noir

 

vignette garden, www.vanessa-curton.fr Tout a commencé sur un air de musique cubaine
avec le fameux
 Garden of love paru chez Zulma en 2007.

Alexandre Astrid, flic sombre en stand by, reçoit un manuscrit anonyme, cent cinquante trois pages d’une «histoire à cauchemarder debout» qui lui révèle, comme des «lambeaux de vérité», des secrets qu’il pensait être le seul à connaître. Avec l’aide de Marie, son amie de longue date, Alex part à travers le texte en quête de celui qui a bien pu le lui envoyer, une plongée où les personnages semblent autant nous semer, nous mettre en déroute, que nous tirer vers eux malignement. 
L’espace du roman devient un espace labyrinthique en flottement où les rennes de la logique commune se relâchent. 

 


 

couv part des chiens folio. www.vanessa-curton.fr Zodiak et son acolyte Roman Wojtyla, dit le polac, partent, comme deux anges déchus, dans les dédales d’une ville infernale, à la recherche de Sonia, la femme funambule, dont Zodiak est éperdument amoureux.
 

Dans un monde violent, dévoyé, sale et salace, ces deux personnages sont en marche comme pour sauver ce qu’il reste de pureté et de beauté. 

 

La Part des chiens
éditions Zulma, 2003 

 


 

 


 

couv harmoniques.www.vanessa-curton.frA l’image de Bob et Mister, que l’on retrouve dans Les Harmoniques,
paru en 2011 cette fois dans la série noire des éditions Gallimard.


Dans ce dernier roman qui empreinte davantage aux codes du polar, Marcus Malte renoue avec ces deux protagonistes découverts en 1996 dans Le Doigt d’Horace et l’année suivante dans Le Lac des singes.

 

L’un est chauffeur de taxi, agrégé de philosophie maniant pas moins de dix-sept langues ; l’autre est un black immense pianiste au Dauphin vert.

Vera Nad, vingt-six ans et amie de Mister, est retrouvée morte dans un entrepôt désaffecté. La police conclut à un règlement de comptes entre dealers mais les deux amis ne peuvent pas croire en cette version officielle.

 

Pris dans une balade Jazz, Bob et Mister se mettent alors à enquêter sur le vrai mobile de la mort de Vera Nad, ce qui les amène aux résurgences du conflit des Balkans et notamment dans une réflexion sur les racines du mal. 


 

 


 

 

À découvrir encore maints autres de ses romans 
(dont Carnage, constellation (Fleuve noir, 1998)  ou son Poulpe Le Vrai con maltais (éditions Baleine, 1999)) 


 ou de ses nouvelles, forme qu’il maîtrise d’ailleurs de façon subjuguante 
Intérieur nord (Zulma 2005) ou  Toute la nuit devant nous (Zulma 2008)),


et dans ses récits pour le jeune public 
(De poussière et de sang (Pocket Jeunesse, 2007), Mon Vaisseau Te Mènera Jeudi Sur Un Nuage (Syros 2011), par exemple). 


Pour en savoir plus : http://www.marcusmalte.com/

 

Par Vanessa Curton
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Dimanche 31 juillet 2011 7 31 /07 /Juil /2011 14:29

Publié dans : Romans "noirs"

Lionel Shriver, www.vanessa-curton.fr Récit troublant et intime d’une mère dont le fils a tué sept de ses camarades de lycée, un employer de cafétéria et un professeur. 

 

« Je ne suis plus très sûre d’avoir regretté notre premier enfant avant même sa naissance. (...) mais s’il est une chose que je n’ai jamais voulue, c’est bien passer sous silence mon rôle dans cette histoire épouvantable.»

 

Retour au début des années 2000, aux États-Unis. 

À la suite d’une incident mineur, Eva entreprend d’écrire au père de son fils, dont elle est séparée. Puisqu’on ne devient pas un monstre par hasard, cette mère revient sur les seize ans moins trois jours de Kevin, à ce JEUDI noir où sa vie à elle aussi a basculée. 

Partout, les regards sur elle, la honte et ce questionnement sous-jacent : Comment un adolescent en est-il arrivé là et quelles responsabilités une mère, des parents, peuvent-ils avoir dans cet engrenage ? 

 

«Avant la maternité, j’avais imaginé qu’avoir un petit enfant, c’était un peu comme avoir la compagnie d’un chien intelligent, sauf que la présence exercée par notre fils était beaucoup plus dense que celle de n’importe quel animal familier. Je sentais lourdement, à chaque instant, qu’il était là. (...) 

Je faisais rouler des balles en direction des pieds de Kevin, et une fois, j’ai réussi à la lui faire renvoyer. Ravie au point d’en être ridicule, je l’ai renvoyée à mon tour ; et il l’a encore renvoyée. Mais quand je l’ai expédiée une troisième fois entre ses jambes, terminé. Avec un regard vide, il a laissé la balle à côté de son genou. J’ai commencé à me dire, Franklin, qu’il était malin.»

 

Effeuillant le passé, Eva revient sur l’itinéraire d’un enfant tyrannique, sans joie sinon celle de contrarier ses parents avec méchanceté. Parallèlement, elle raconte ses visites en prison, la distance entre son fils et elle, et ce changement progressif qui semble se faire en lui par des éclats d’humanité. 

 

Un roman conséquent, dénué de sensiblerie mais un peu long (606 pages, «J’ai lu») qui a le mérite d’apporter un nouveau point de vue sur ce sujet qui a marqué notre actualité ; la force de ce roman reste néanmoins, à mon sens, d’ouvrir une porte _ même heurtante _ et de questionner sur le sens d’être mère dans la société américaine et ailleurs. 

 

«Je n’avais assurément aucun intérêt pour une explication qui aurait réduit l’ineffable énormité de ce qu’il avait fait à un aphorisme sociologique convenu sur l’ «aliénation» tout droit sorti du Time, ni une construction psychologique à deux balles du genre «désordre de l’attachement» comme celles que vendent en permanence ses éducateurs à Claverack. 

(...) Pour Kevin, le progrès passait par une déconstruction. Il ne pourrait commencer à sonder ses propres profondeurs qu’en commençant par se découvrir insondable.» 

 

 

Lionel Shriver est née en 1957. Diplômée de Columbia, Il faut qu’on parle de Kevin est son septième roman. Il a été récompensé en 2005 par le prestigieux Orange Prize et a connu en Angleterre «un succès retentissant». Traduit en français de l’américain par Françoise Cartano. 

 

Par Vanessa Curton
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Mardi 26 juillet 2011 2 26 /07 /Juil /2011 20:12

Publié dans : Romans "noirs"

996525-gf «L’homme est un loup pour l’homme.»

 

Julius Winsome vit dans le Maine, près de la ville de Fort Kent dans un chalet construit à des kilomètres des autres habitants. Un chalet qui «se fond dans la forêt» à moins que ce soit le contraire. «Un grand nombre d’hommes hantent ces bois parce qu’ils ne peuvent pas habiter ailleurs. Solitaires, ils prennent la mouche à la moindre occasion.»

Alors que les hommes de la région chasse le cerf et l’ours, Julius Winsome préfère s’installer dans son fauteuil et parcourir les livres de l’immense bibliothèque léguée par son père. 

 

Le 30 octobre, entre 3h04 et 3h20, son chien Hobbes est abattu. Il le retrouve à 3h55 allongé parmi les fleurs, respirant encore mais à peine. Comme une furie calme, Julius Winsome se met alors en quête de celui qui a bien pu commettre un tel acte. On le suit dans sa chasse sans compassion néanmoins pour cet homme un brin paranoïaque et à priori si loin de tout sentiment de culpabilité. Sur fond d’une histoire d’amour inachevée, chaque meurtre trouve son élan, tel un rituel, dans l’énonciation du vocabulaire inventée par Shakespeare et nous susurre lancinement que l’homme reste un loup pour l’homme. 

 

«Les gens sont incapables de vivre leur vie sans déranger les autres, pas moyen d’éviter tout le boucan qu’on font partout où l’on va.

J’ai soudain craint d’avoir atteint l’heure où la vie m’avait appris tout ce qu’elle devait ou voulait m’enseigner. J’allais désormais tourner en rond, sans cesse, et à chaque tour de roue ce serait de plus en plus pénible à supporter. Si j’avais eu un enfant, ou quelqu’un d’autre, j’aurais pu lui montrer ce que j’avais vu et entendu au fil des ans, mais la vie en avait décidé autrement. L’existence de Julius Winsome tournait en rond, jour après jour, sans répit. 

On me chassait des livres de mon père à coup de feu.»

 

Julius Winsome est le premier roman de Gérard Donovan paru en France, au éditions du Seuil en février 2009. Traduit de l’anglais par Georges-Michel Sarotte. 

Poète, romancier et nouvelliste, Gérard Donovan est né en Irlande et vit actuellement aux États-Unis. 

 

 

Par Vanessa Curton
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Lundi 25 juillet 2011 1 25 /07 /Juil /2011 17:25

Publié dans : Romans "noirs"

La route, Mac Carthy, www.vanessa-curton.fr Récompensé par le Prix Pulitzer 2007,
La Route de Cormac Mc Carthy est d’une intensité monstrueuse et magnifique. 

 

Dans un climat post-apocalyptique, un homme se réveille dans les bois et tend la main pour toucher l’enfant à côté de lui. «Les nuits obscures au-delà de l’obscur et les jours chaque jour plus gris que celui d’avant.» Le monde est dévasté sous les cendres impénétrables même pour la lumière du soleil. L’homme et son fils se mettent en route munis d’un révolver, d’un caddie et de sacs à dos, inquiets pour leurs chaussures et pour la nourriture qu’ils trouvent au hasard des maisons désertées, notamment. 


«Partout les morts momifiés. La chair fondue le long des os, les ligaments desséchés réduits à l’état de lanières et  tendus comme du fil de fer.»

Le ventre se crispe sous l’horreur des images et des mots qui défilent avec poésie pourtant. Une tension infaillible nous mène jusqu’aux dernières pages de ce livre ; peut-être par espérance d’une éclaircie finale ou seulement par désir de trouver un sens à cette lecture, à cette écriture....est-ce d'une pure gratuité ou une magistrale allégorie ? 


«Peut-être que dans la destruction du monde, il serait enfin possible de voir comment il était fait. Les océans, les montagnes. L’accablant contre-spectacle des choses en train de cesser d’être. L’absolue désolation, hydropique et froidement temporelle. Le silence.»


... Un roman, en tous cas, duquel on ne sort pas indemne et duquel on a d'ailleurs du mal à sortir à cause des réflexions qu’il provoque et de cette ambiance nauséabonde. 

 

 

Cette lecture s'inscrit dans une pérégrination en 5 étapes (ou presque) à travers le "noir" en littérature, retranscrite en page spéciale sur ce blog.


Ces étapes en quelques titres : 

- Garden of love, La Part des chiens & Les Harmoniques de Marcus Malte

- Julius Winsome de Gerard Donovan

- Il faut qu'on parle de Kevin de Lionel Shriver

- Sukkwan Island de David Vann

- et La Route de Cormac Mc Carthy (conseillé par Fabrice Vigne*)

Par Vanessa Curton
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